Note sur l’évaluation des forces subjectives et de la situation objective

Extraits d’une lettre du camarade Mao Tsé-toung pour critiquer certaines tendances pessimistes existant alors dans le Parti. (Le 5 janvier 1930).

« Les camarades atteints d’impétuosité révolutionnaire ont le tort de surestimer les forces subjectives de la révolution et de sous-estimer les forces subjectives de la contre-révolution. » (…)

« 1. Si à l’heure actuelle, les forces subjectives de la révolution chinoise sont faibles, on constate que toute l’organisation des classes dirigeantes réactionnaires (le pouvoir, les forces armées, les partis, etc.) fondée sur la structure socio-économique, arriérée et fragile, de la Chine est également faible. Ainsi on comprend pourquoi, dans les pays d’Europe occidentale, bien que les forces subjectives de la révolution y soient probablement aujourd’hui plus importantes qu’en Chine, la révolution ne peut cependant éclater immédiatement : les forces des classes dirigeantes réactionnaires de ces pays sont en effet plusieurs fois supérieures à celles des classes dirigeantes réactionnaires de Chine. Et, bien que les forces subjectives de la révolution soient actuellement faibles en Chine, l’essor révolutionnaire commencera sûrement plus tôt en Chine qu’en Europe occidentale, parce que les forces de la contre-révolution en Chine sont aussi relativement faibles. »

« 2. Après la défaite de la révolution en 1927, il est de fait que les forces subjectives de la révolution ont été considérablement affaiblies. Ce qui en reste est d’une importance si réduite que les camarades qui jugent uniquement sur l’apparence sont naturellement enclins au pessimisme. Mais si l’on va au fond des choses, c’est un tout autre tableau. On peut appliquer ici le vieux proverbe chinois : « Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ». C’est dire que si les forces de la révolution sont encore assez réduites, elles peuvent toutefois se développer très rapidement. Dans les conditions de la Chine, la croissance de ces forces n’est pas seulement possible, elle est absolument inéluctable ; l’expérience du mouvement du 30 mai et de la grande révolution qui a suivi le confirme entièrement. Il faut analyser le fond de chaque chose et ne considérer les manifestations extérieures que comme une avenue menant à la porte dont il faut franchir le seuil pour saisir vraiment le fond du problème. C’est la seule méthode d’analyse, sûre et scientifique, des phénomènes. » (…)

« Si nos camarades ne tiennent compte, dans leur appréciation, que de l’aspect extérieur des phénomènes et en négligent l’essence, c’est qu’ils n’ont pas soumis la situation générale à une analyse scientifique, allant au fond des choses. Or, pour déterminer si l’essor de la révolution interviendra bientôt en Chine, il n’est qu’un moyen : examiner soigneusement si les diverses contradictions qui peuvent amener cet essor sont réellement en train de grandir. »

S’ensuit, après avoir rappelé la nature de colonie de la Chine de l’époque, une liste des contradictions qui s’exacerbent : elles s’accentuent entre les États impérialistes, entre ces États et leurs colonies, entre ces États et leur prolétariat, entre les impérialistes entre eux pour se rendre maîtres de la Chine, entre les cliques de gouvernants réactionnaires, ceci entraînant des guerres et une augmentation des charges fiscales, ce qui augmente les contradictions entre la masse des contribuables et les gouvernants réactionnaires. Contradictions entre l’impérialisme et l’industrie nationale chinoise, de là un approfondissement des contradictions entre la bourgeoisie chinoise et la classe ouvrière chinoise étant donné que les capitalistes chinois cherchent une issue à leur situation dans l’exploitation impitoyable des ouvriers, alors que ces derniers leur résistent.

« Une fois que nous aurons compris toutes ces contradictions, nous verrons dans quelle situation alarmante, dans quel état chaotique se trouve la Chine, nous comprendrons que l’essor de la révolution dirigée contre l’impérialisme, les seigneurs de guerre et les propriétaires fonciers est inéluctable et qu’il doit intervenir à brève échéance. La Chine toute entière est jonchée de bois sec qui va s’embraser bientôt. Le proverbe « Une étincelle peut mettre le feu à toute la pleine » caractérise bien la manière dont la situation actuelle se développe. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les grèves d’ouvriers, les soulèvements paysans, les mutineries de soldats et les grèves d’étudiants, qui vont s’amplifiant dans de nombreux endroits pour comprendre que « l’étincelle » ne peut tarder à « mettre le feu à toute la plaine ». »

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